par Michel Yvernat
On aurait tort de croire que l’affaire Frêche n’est qu’une question d’éthique. Au delà du personnage et de ses déclarations, au delà du système qui porte son nom dans sa région, c’est un bloc du PS qui s’en va. C’est donc un phénomène politique majeur qui se déroule. Jusqu’où le PS peut-il laisser aller quelques quinze mille cartes d’adhérents, élus locaux et collectivités en tous genres sans se mettre en danger lui-même?
Le 14 mars nous saurons.
Pour l’heure ne passons pas à côté de se qui pourrait bien dessiner le PS dans un futur proche, cette manière de se disloquer en gros bloc régionaux ou présidentiels.
Le PS outil de conquête du pouvoir sous la cinquième république est avant tout attaché à la République une et indivisible et pourtant il s’étiole comme s’il était un parti de la troisième république. Ses têtes comme Royal en Poitou Charente, Aubry à Lille et d’autres dans les départements sont toutes repliées sur les bastions locaux. Le sérieux dont les électrices et les électeurs parent les socialistes quant à la gestion locale expriment ce mouvement de décentralisation et de morcèlement du parti en des myriades de féodalités locales. Avec le départ de Frêche, ce n’est plus le féodalisme qui menace le PS, c’est la sécession. C’est un parti régionaliste et populiste qui se fonde. On touche là à autre chose qu’une simple crise caractérielle, ou un choc d’égos mais bien aux fondations même du parti de François Mitterrand fait de compromis et d’alliances toujours surprenantes qui quarante ans ou presque après sa fondation n’en finissent pas de surprendre.
Frêche peut-il être battu ? Les sondages semblent répondre par la négative à cette question. Des situations de blocage comme celle de la région Languedoc-Roussillon ne trouveront de véritables issues qu’à partir d’un renouvellement complet du logiciel et du personnel politique. Un nouveau rassemblement, un nouveau programme en quelque sorte.
