Par Jean-Marc Desfilhes
Le productivisme version capitalisme ou communisme à fortement délabré l’environnement humain et naturel. L’air est devenu irrespirable, le climat se réchauffe, les sols s’érodent, les eaux sont polluées. Cette volonté de réduire l’homme a un machin économique, plutôt consommateur pour les héritiers de Ricardo ou plutôt producteur pour ceux de Marx, réduit aux actes d’achat et de fabrication, n’est plus tenable. La planète dit STOP et l’écologie entre au cœur du débat politique.
Les problèmes gigantesques que nos sociétés doivent affronter ne sont ni de droite ni de gauche. Ils sont simplement là, évidents et incontournables, c’est le principe de réalisme. Seules les solutions que les hommes apporterons ont une connotation politique. Elles seront soit sociales et participatives, soit violentes et imposées. La note de l’UMP qui tourne maintenant sur le web montre que les lignes de fractures sont claires. La droite, l’écologie de droite, n’entend pas mettre en cause les rapports de domination qui lui conviennent si bien. Les nantis et les puissants souhaitent des plages propres aux eaux limpides, des montagnes enneigées pour faire de belles randonnées mais ils se dotent également des moyens pour s’en réserver l’accès. Ne nous leurrons pas, les solutions environnementalistes peuvent aussi être violentes et dictatoriales !
Dans les mois et les années à venir, l’environnement, la défense de l’environnement, sera au cœur du débat. Sarkozy l’a parfaitement compris lorsqu’il a lancé son initiative du Grenelle. Le sommet de Copenhague en est également un exemple édifiant. Ressemblant plus au salon du Green Washing, de la récupération verte, qu’à un forum politique, les plus grandes multinationales de la planète étaient présentes dans des stands dégoulinants de couleurs et de lumières pour vanter les remèdes, techniques couteux et lucratifs, qu’elles souhaitent imposer avec la bénédiction des dirigeants. Ces entreprises ont également une vision claire de ce que le mot environnement signifie et des profits qu’elles pourront en tirer.
Europe Écologie est donc loin d’être la seule à se préoccuper de l’environnement et de la nature. Dans les mois qui viennent nous devons nous concentrer sur nos différences et sur nos valeurs. La note de l’UMP est éclairante.
Réduction du temps de travail, plafonnement des revenus, redistribution des richesses créées, accès aux soins et à l’éducation, maintien et renforcement des services publics, mise en œuvre d’une agriculture paysanne et biologique, abandon de l’énergie nucléaire, redéfinition de l’ordre économique international, renforcement d’une Europe fédérale, remise en cause de l’Organisation des Nations Unies, héritée de la seconde guerre mondiale et garante d’une vision post-coloniale des rapports entre les peuples : autant de thèmes centraux et de positions qui nous permettrons de construire une vision écologique, sociale et solidaire ; de bâtir l’avenir qui nous convient.
En évoluant dans notre manière d’être en politique nous parviendrons à gagner la confiance de nos concitoyens. Dés sa création, Europe Écologie s’est présentée comme un mouvement mêlant des hommes et des femmes engagés depuis des années en politique et des activistes issus de syndicats et d’associations qui luttent au quotidien.
Cette dynamique originale doit être préservée et renforcée. Ensemble nous devons concevoir une nouvelle articulation entre société et politique, nous devons permettre à des militants de s’engager un pas plus loin et d’entrer dans les lieux de pouvoir pour mettre en œuvre nos idées et nos envies. De notre réussite dans les mois qui viennent dépend l’avenir de notre vision de l’écologie. Europe Ecologie est un mouvement, et un mouvement n’est ni figé ni fermé. Créer du neuf dans les habits étriqués d’institutions politiques qui formatent tout n’est pas chose aisée. Mais c’est le défi que nous devons relever.
Un échec de notre part n’est pas envisageable. Ce serait le retour d’un bipartisme sclérosant. La politique a récupéré l’écologie, ne nous laissons pas récupérer par la politique politicienne !