Quelques réflexions sur l’avenir 2e partie

Par Pascal Durand, délégué national Europe-Ecologie, co-animateur du groupe 4

Création d’un « NPE » Nouveau Parti Ecologiste, englobant toute l’écologie politique

(Du moins et c’est là l’une des difficultés non traitée par Jean Desessard, si le projet commun est suffisamment fort pour ne pas provoquer l’éclatement en « 2 » partis concurrents, du mouvement écologiste.)

L’avantage serait de baliser, avec des statuts et des règles adoptées et connues de tous, le fonctionnement du futur parti, de rassembler dans un seul parti la totalité d’une force politique émergente. Cela nécessiterait, comme pour d’autres partis dans le passé, de réussir une convention nationale constituante.

L’inconvénient majeur reste de faire du neuf avec du vieux, en reproduisant un schéma partidaire classique qui n’a pas fait preuve durant ces dernières années, d’un fort pouvoir d’attraction.

Le risque vu d’Europe Ecologie, serait que beaucoup de sympathisants refusent de rejoindre en l’état un parti politique structuré, dont rien ne garantirait qu’il ne générera pas les défauts et les travers des autres partis.

  • Création d’une fédération constituée d’adhérents directs et de multiples organisation avec des règles organisationnelles entre les différents collèges avec une définition de droits, comme celui, pour les adhérents, de voter dans des primaires. L’avantage – pour certains – serait de ne pas porter atteinte à la structure verte existante et de formaliser les règles de fonctionnement entre les différents collèges et de rendre plus lisible les prises de décision.

Cette option présente de nombreux inconvénients, dont celui de cristalliser les origines historiques, quelle que soit la provenance des Verts, du PS, du PC, de CAP 21, etc… en les obligeant à se compter et se fossiliser dans un collège. Cela reproduirait à n’en pas douter le système des clans et des courants et ferait revivre la période des cartels d’organisations. En outre, la définition des collèges, leur rôle et leur interdépendance nécessiteraient des heures et des heures de négociations pour évaluer le poids et/ou la représentativité de chacun.

Si comme les autres l’hypothèse fédérative n’est pas nécessairement à rejeter a priori, son niveau doit être très sérieusement travaillé pour qu’il puisse permettre de fédérer le réseau dans sa globalité.

  • P + : Le parti politique « vert » crée et favorise à chaque échéance électorale les conditions d’une ouverture et d’un rassemblement pluriel sous la pression des “non-verts”, associatifs, militants politiques d’horizons divers, militants directs, organisés en comités locaux ou de sensibilités et incarné par des élus régionaux et des personnalités nationales. Cela nécessite de fait de structurer les non-verts et d’entrer dans une phase active de cohabitation. Cela surtout postule que la réussite d’Europe Ecologie n’est que l’expression de l’ouverture du Parti « Les Verts » à la société civile et à des personnalités extérieures et qu’il faudrait persévérer dans cette voie.
  • M + : Le mouvement/réseau Europe Ecologie intègre des adhérents directs et se structure comme dans l’hypothèse P +, mais il constitue le cœur de la dynamique écologique. Il est le lieu de l’animation en régions d ‘agora ou de parlement de l’écologie qui, à la différence des partis politiques traditionnels, associerait dans une démarche de rassemblement les citoyens, les syndicats, les associations, etc.,…

Il aurait une faible structuration nationale, qui aurait vocation essentielle l’élaboration du projet et de définir les conditions de son fonctionnement avec le parti politique « Vert » lors de chaque élection.

Comme pour P+, cela nécessite d’élaborer des règles de fonctionnement, des chartes, le rôle de chaque structure devant être consultables, cohérentes entre elles. L’adhésion directe doit se mettre en place. Un comité d’éthique pourra également, se mettre en place.

Sur la période intermédiaire :

Quelle que soit la piste retenue, il est apparu vital pour tous les membres du Groupe IV qu’ Europe Ecologie dispose d’un minimum de moyens pour assurer sa fonction organisationnelle et son rôle dans l’élaboration du débat, puis du projet.

Il est apparu indispensable que ces moyens permettent à Europe Ecologie d’exprimer un sentiment d’appartenance à un mouvement réel, et de permettre à chaque membre du réseau d’identifier les lieux décisionnaires et les instances dirigeantes qui pourront et devront rendre comptes de leurs actions.

Dans son texte de synthèse, Jean a développé un certain nombre de considération sur les élections législatives et présidentielles à venir et sur les éventuelles alliances. Ce débat n’est pas nécessairement prématuré, mais le Groupe IV n’est pas saisi de ces questions. Elles relèvent d’un débat plus général sur le projet, mais Jean pose ainsi une question essentielle :

Quel sera le lieu politique d’élaboration de la stratégie et celui de la définition du projet ? Et comment, ne pas immédiatement ajouter : Comment seront opérées les sélections des futur-e-s candidat-e-s ?

Ces questions permettent de revenir à la question de départ : Quelle forme organisationnelle pour quel projet ? Le Groupe IV n’échappera pas à la nécessité de mettre en débat dans son texte de synthèse, la question du projet que l’écologie politique veut porter dans les 2 années qui viennent. On peut schématiquement le borner par 2 extrêmes, celui d’un mouvement essentiellement destiné à la sélection de candidats et aux alliances électorales fonctionnant sur le mode traditionnel d’un parti politique ou celui d’un mouvement qui privilégie la construction d’un projet autonome en dehors des contingences pragmatiques partidaire. Entre ces 2 pôles, il n’est peut-être pas déraisonnable d’imaginer une voie médiane qui permettrait de construire le futur sur des formes différentes de démocratie et de gouvernance. Celle-ci serait faite à la fois du respect des adhérents, par un accès à des votes et désignations directes, mais également par une réelle prise en compte des minorités, par une remise en cause des pratiques des votes qui créent des majorités factices uniquement destinées à imposer. Cette voie, celle de la recherche permanente de consensus, loin de paralyser le fonctionnement d’Europe Ecologie a été l’une des clefs de son succès. Il faut l’approfondir et l’adapter, car ici encore, le fond et la forme sont indissociables.

Une réponse à Quelques réflexions sur l’avenir 2e partie

  1. Personellement, je vous ai rejoind, car nous étions un rassemblement vers un projet de société écologique.
    Le côté partisan est une forme de groupe fermée qui n’appelle pas à la mise en commun de compétences complémentaires.Nous avons tout intérêt à faire tomber certains sectarismes primaires.

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